Le Royaume d'Undarosmfell

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 Le travail dans les mines

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MessageSujet: Le travail dans les mines   Jeu 3 Mar 2005 - 19:35

Le travail dans les mines

Thráin, un jeune nain, se levait dès prime, à la première heure du jour, tout comme sa femme qui travaillait au triage du minerai de fer.

Le traitement mécanique du minerai – ou minéralurgie – était fait sur place. La fouille des vestiges conservés couplée à des études archéométriques permettent de suivre et comprendre les différentes phases qui séparent le minerai de sa gangue : concassage, broyage40, lavage au sluice41. Les autres phases du traitement – grillage, fusion réduction et coupellation n’étaient pas réalisées sur le plateau, le minerai en poudre était acheminé par trains de sommiers vers Grenoble

Il se coiffa de son indispensable bonnet phrygien rembourré de paille, sa seule protection de la tête contre les éboulements (cf. figure 1), et prit son barda sur l'épaule. Ainsi, il quitta sa demeure et rejoignit le travers-banc, une galerie recoupant plusieurs bancs de terrain jusqu'au filon exploité. Son filon de minerai de fer suivait une ligne de faille naturelle. Mais il avait un long chemin à suivre. Il passa par diverses galeries (cf.figure 2).

Les unes ascendantes étaient creusées par tranchées remblayées. C'est-à-dire que le mineur creusait à la base du filon une première galerie. Puis il mettait en place un boisage au plafond de la galerie dont il se servait pour progresser vers le haut. Le stérile, autrement dit la roche ou la fraction du minerai ne contenant pas de minéraux exploitables, était alors entassé sur le soutènement au fur et à mesure de la progression verticale du mineur. D'autres galeries restaient horizontales, et leur creusement n'exigeait pas de méthodes spécifiques. Enfin, la plupart étaient descendantes. Là, les mineurs creusaient une saignée au plafond de la galerie, le long d'une ligne de contact, puis abattaient le minerai du haut vers le bas. C'était la façon la plus commune de procéder.

C'était l'une d'entre elles qu'il emprunta.

Les galeries qu'il traversait avaient des sections très variables mais toutes étroites, avec une largueur oscillant entre 2 et 3 pieds (0,60-0,90 m) et des parois renflées pour laisser passer d'éventuels chariots de minerai. En effet, il n'existait pas de solives ou "rails" en bois pour guider des chariots. Dès lors, un certain écartement des parois était nécessaire pour permettre au "chareur" de diriger son chariot. Les galeries étaient fort basses, oscillant entre 2,5 pieds et 4 pieds de hauteur (0,80 m et 1,30 m), permettant aux seuls nains d'emprunter ces galeries. Un moyen de défense contre les créatures de taille moyenne ou haute.
Ces galeries épousaient diverses inclinaisons, dues à leur nature. Elles  pouvaient être creusées sur une ligne de faille quand les mineurs s'étaient servis d'une fissure de la roche pour le creusement des galeries. Elles pouvaient aussi être creusées sur un filon, lorsque les mineurs se contentaient de suivre une veine de minéraux, ou dirigées vers un filon, galerie appelée travers-banc. Si la faille, le filon ou le travers-banc étaient inclinés, la galerie épousait leurs inclinaisons, de 6 à 10 degrés et guère plus, afin de pouvoir retenir le poids d'un chariot chargé.
Cependant, les galeries semblaient sinueuses car les mineurs se contentaient de suivre les filons de minerai et ignoraient l'usage de la boussole. Il en résultait des réseaux particulièrement tourmentés faits de galeries aux sections très variables d'un tronçon à l'autre.

Thráin recherchait une galerie qui menait à de vastes chantiers d'exploitations appelées chambres.

Les chantiers d'exploitations ou chambres étaient parfois si grandes qu'elles nécessitaient un étayage. Cet étayage était issu d'un mode d'exploitation du minerai par piliers résiduels, qui comprenait deux formes.
L'exploitation par grande chambre témoignait d'une parfaite connaissance de la mécanique des roches par la taille des vides crées, par calcul des piliers adéquats et par la forme des voûtes retombant sur ces piliers. Le mineur fonçait, c'est-à-dire creusait verticalement, des galeries parallèles à partir desquelles il creusait des chambres de plus en plus grandes qui finissaient par se rejoindre latéralement. La hauteur finale de la chambre était obtenue par le creusement d'une saignée, ou rigole creusée dans un terrain pour en faciliter l'écoulement des eaux, dans la sole, partie inférieure d'une galerie, saignée qu'il élargissait ensuite par éclatement de blocs de minerais.
L'exploitation par chambres et piliers (cf. figure 3) consistait à creuser des galeries en laissant en place des piliers, pouvant contenir du minerai, qui servaient alors à l'étayage.

Enfin, il entra dans l'une de ces chambres, et s'approcha d'un front de taille. S'il avait été dans une partie haute, l'éclairage aurait été assuré au moyen de puits ascendants jusqu'au jour, et dans le flanc des montagnes, par l'aménagement de fenêtres. Mais dans les profondeurs, il devait utiliser des torches. A la lumière des torches, il sortit de son barda ses outils pour abattre le minerai de fer : un petit marteau et une pointerolle, outil à section carré semblable à un marteau pointu d'un côté (cf. figure 4).

De sa main gauche, il positionna la section pointue de sa pointerolle dans l’entaille de l'hématite (cf. figure 5), roche minérale riche en oxyde de fer. Puis, un marteau dans sa main droite, il frappa la section carré de la pointerolle, faisant éclater le minéral. Il répétait ce geste sans relâche.

Sous une atmosphère chaude et humide, il dégoulinait déjà de sueur. Il s’essuya son visage d’un revers de sa manche et reprit son ouvrage. Parfois un courant d'air lui caressait le visage. En effet, l'aération était favorisée par un réseau de galeries qui créait un courant d'air, mais lorsque la galerie ne communiquait pas avec d'autres et n'était pas parcourue par un courant d'air, l'aérage était obtenue en creusant des puits ascendant jusqu'au jour le long des galeries dont le premier dès l'entrée devait créer un courant d'air favorable à la progression des travaux souterrains. Les puits étaient de formes et de dimensions variables, la moyenne se situant entre 200 pieds (25 m) de profondeur pour une section de 10 pieds (3 m).

L'autre préoccupation majeure des mineurs était l'infiltration constante des eaux. L'exhaure, c'est-à-dire l'évacuation des eaux d'infiltration, était un problème récurrent des mines, car les inondations étaient souvent à l'origine de fermetures de mines. Pour éviter cela, un procédé de progression était adopté : les mineurs avaient dû pratiquer des galeries à des niveaux de plus en plus bas destinées à permettre l'évacuation des eaux et à faciliter ainsi son extraction.

Le travail de Thráin générait des résidus abondants. La plus grande partie de ces déchets était rejetée à l'extérieur de la mine. Le transport des déblais pouvait se faire dans des sacs de peau, grâce à des pans inclinés. Mais dans la plupart des cas, une partie du stérile était laissé au fond et réutilisé pour former des murettes, renforcer des parois et pour la progression des mineurs, dans le cas d'exploitations par tranchées ou chambres remblayées.

La vitesse d'avancement de Thráin variait de 1 pouce (plus de 1 cm) par jour dans un roc dur à moins de 2  pieds par jour (50 cm) en suivant une faille (ou davantage dans un terrain très fissuré qui se débite au pic). La moyenne en roche compacte est de quelques pouces (centimètres) par jour.

La grande hantises de Thráin était de se trouver nez à nez avec un kobold, une vermine qui infeste les mines, y causes des accidents et qui plus est, selon la légende, transformerait le minerai d'argent en cobalt, un minerai bleu tout juste bon à colorer les vitraux de la même couleur !  

Aux vêpres, Thráin retournait à sa demeure où il retrouvait, non sans joie, sa femme.
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Bibliographie :

- AGRICOLA Georgius (traduit de l'édition originale latine de 1556 par Albert France-Lanord), De Re Metallica, éditeur Gérard-Klopps, Paris, 1992.
- ANGEL M., Mines et fonderies au XVIe siècle d'après le "De Re Metallica d'Agricola", Les Belles Lettres, Paris, 1989.
- ARNOUX M., Mineurs, férons, et maîtres de forges : études sur la production du fer dans la Normandie du Moyen Age, XIe-XVe siècles, CTHS, Paris, 1993.
- BAILLY-MAITRE M.-C. et BRUNO J., "La mine de plomb argentifère du village minier de Brandes en Oisans (Huez, Isère), XIIIe-XIVe siècles", dans Braustein P. et Benoit P., Mines, carrières et métallurgie dans la France médiévale (Actes du colloque de Paris, 19, 20, 21 juin 1980), CNRS, Paris, 1983, p. 289-304.
- BAILLY-MAITRE Marie-Christine, "Notes sur les techniques extractives médiévales du sud de la France", Les techniques minières de l'Antiquité au XVIIIe siècle, éditions du CHTS, Paris, 1992, p. 283-297.
- BARI Hubert et FLUCK Pierre, "Réflexions sur l'architecture des travaux miniers effectués avant l'usage de la poudre", Mines, carrières et métallurgie dans la France médiévale (Actes du colloque de Paris, 19, 20, 21 juin 1980), éditions du CNRS, Paris, 1983, p. 319-329.
- BRAUSTEIN P., "Le fer et la production du fer en Europe de 500 à 1500", Annales ESC, 1972, p. 404-414.
_________________
Crédit photographique :

- http://www.coloriage.tv/
- http://antique.mrugala.net/
- http://www.lorraine.developpement-durable.gouv.fr/
- http://www.ac-nancy-metz.fr/ia57/
- http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/72/Hematite.jpg
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